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Comportements et sentiments religieux en France

Comportements et sentiments religieux en France

religion-symbole-judaisme-christianisme-islamQuelle sont les évolutions des comportements et sentiments religieux en France ? Assiste-t-on à une sécularisation de la religiosité ? Ne pratique t-on pas plus sa religion dans la sphère du privée ?

Sécularisation ou regain religieux : la religiosité des immigrés et de leurs descendants  est une étude publiée par deux chercheurs, Patrick Simon (1) et  Vincent Tiberj (2) qui tentent de faire le point sur les comportements et sentiments religieux en France dans le cadre de l’enquête TeO (Trajectoires et Origines).

L’enquête TeO coproduite par l’Ined et l’Insee, réalisée entre  septembre 2008 et février 2009, décrit et analyse les conditions de vie et les trajectoires sociales des individus en fonction de leurs origines sociales et de leur lien à la migration. Elle s’interroge sur l’importance et l’impact des expériences de discrimination sur les parcours des individus.

Migrations et sentiments religieux

Les résultats de cette enquête confirment la forte sécularisation de la population en France à un détail près, la religion joue un rôle plus important dans la vie des Musulmans et le sentiment religieux est plus fort chez les jeunes nés en France. Le panorama des religions que permet de retracer l’enquête TeO montre ainsi que l’islam constitue la principale religion déclarée par les immigrés, loin devant le catholicisme.

Cependant le catholicisme reste la principale religion en France, même si le nombre de fidèles baisse régulièrement. Néanmoins la fraction majoritaire des « catholiques culturels » qui se définissent comme catholiques par héritage familial sans pratiquer ni même se considérer spirituellement comme engagés dans la religion suit une évolution parallèle.

Le monde laïc et les catholiques français ont souvent exprimé leur hostilité face à l’installation de nouveaux migrants perturbant les formes d’organisation et de pratiques religieuses. On peut citer les réactions hostiles à l’égard des Italiens et des Polonais.
Sur un autre plan confessionnel, la migration de communautés juives d’Afrique du Nord, et plus généralement du monde arabe, au cours de la décolonisation a contribué également à transformer le judaïsme français.

(1) INED et CEE, Sciences Po
(2) CEE, Sciences Po

« Une femme gagne en moyenne 18 ou 20 % de moins qu’un homme »

« Une femme gagne en moyenne 18 ou 20 % de moins qu’un homme »

IP1436.vp - ip1436.pdfUne femme gagne en moyenne 18 ou 20 % de moins qu’un homme précise l’INSEE dans son étude « Emploi et salaires » publié en février 2012.

Les inégalités salariales dépendent en partie de la structure du marché du travail. Les femmes occupent de nombreux emplois à temps partiel, souvent peu qualifiés et interrompent plus leur carrière professionnelle que les hommes, en raison notamment des grossesses et provoquent au retour du congé de maternité dans certains cas des situations discriminantes. Elles font moins d’heures supplémentaires, mais l’essentiel, soit 70% de cette différence, reste inexpliqué.

Les écarts s’expliquent aussi par les conséquences pour les femmes de la maternité sur leur déroulement de carrière et leur rémunération ainsi que les impacts de la répartition des responsabilités en matière de garde d’enfants (selon l’Insee les femmes assument 80% du noyau dur des tâches domestiques) et de garde des personnes dépendantes.

Le marché du travail s’est féminisé, mais demeure précaire pour les femmes. Le taux d’emploi des femmes s’établit en 2008 à 60,3% pour 69,4% pour les hommes. 30,2% des femmes occupent un emploi à temps partiel pour 5,7% des hommes. Seules 17,4% des femmes occupent des postes d’encadrement dans les entreprises du secteur privé alors qu’elles représentent 47% de l’ensemble de la population active.

En 2009, le salaire net moyen en équivalent temps-plein des femmes atteint 80 % de celui des hommes dans le secteur privé et 87 % dans le secteur public, selon l’INSEE, due pour partie à une structure des qualifications différentes. 19 % des hommes salariés du privé sont des cadres contre seulement 12 % des femmes.

Au sein de chaque catégorie socioprofessionnelle, les écarts demeurent. C’est tout particulièrement le cas chez les cadres, où le salaire des femmes est inférieur de 23 % à celui de leurs homologues masculins dans le secteur privé, et de 21% dans le secteur public. Cet écart, beaucoup moins important chez les moins de 25 ans que chez les seniors, peut s’expliquer en partie par un effet de « plafond de verre », mais aussi par d’autres éléments comme les choix de spécialité de formation, les secteurs d’activité ou les déroulements de carrière. Les écarts sont moins élevés dans les autres catégories socioprofessionnelles.

Cet écart de salaires chez les cadres est beaucoup moins important chez les moins de 25 ans que chez les seniors, ajoute encore l’INSEE, qui relève également que les écarts sont moins élevés dans les autres catégories socioprofessionnelles.

Pour garantir une réelle égalité salariale entre hommes et femmes, plusieurs initiatives pourraient être menées tout en rappelant l’application de la loi sur l’égalité professionnelle :

  •     Favoriser l’accès des femmes aux postes de responsabilité,
  •     Assurer une égalité salariale réelle au sein des entreprises,
  •     Réévaluer les grilles de classification salariale,
  •     Combattre les discriminations liées à la grossesse et au sexe,
  •     Corriger les inégalités actuelles dans le déroulement de carrière
  •     Favoriser et rééquilibrer l’accès au congé parental

L’INSEE en collaboration avec la Dares propose avec « Emploi et salaires » un panorama complet et précis sur l’emploi et les salaires. INSEE, « Emploi et salaires », édition 2012.

Le Défenseur des droits
15 février 2012